Alex Perron s'exprime en toute spontanéité à La Cité Bisexuelle

Alex Perron que tout le monde connaît comme le membre le plus coloré du trio les « Mecs Comiques » a d’abord complété des études en théâtre à l’Université Laval. Il a poursuivi à l’École nationale de l’humour ou, avec deux amis finissants, Jean-François Baril et Louis Morissette, il fonde le célèbre trio. Les trois humoristes présentent alors « 108 minutes pour rire » un premier spectacle qu’il promène partout au Québec. Ce n’est qu’en 1999 qu’Alex se fait réellement connaître du grand public, alors qu’au terme d’une deuxième tournée du Québec l’émission « Les Mecs Comiques » prend l’antenne à TQS.

L’humoriste fait aussi ses débuts à la radio en tant que co-animateur de « Z et les Mecs Comiques », sur les ondes de COOL FM et ensuite à CKOI avec les populaires « Midis Mecs Comiques ».

En 2002, Les Mecs Comiques écrivent et tournent « 3 X Rien » pour TQS. L’émission connaît un immense succès et est diffusée pendant quatre saisons.

En 2003, Alex se joint en solo à titre de chroniqueur à l’équipe de « Fun Noir », diffusée à TQS, et en 2004 à celle de « Tout le monde tout nu », présenté à Radio-Canada.

L’année suivante il retournera à CKOI aux côtés d’abord de Normand Brathwaite, à l’émission matinale « Yé trop de bonne heure », puis de Jean-René Dufort, à « Du jus et Dufort ». Il signe également chaque semaine dans La Presse une chronique urbaine humoristique. En 2005 il est invité à prendre part au Grand Rire Bleue de Québec. Le lendemain de sa performance, la critique de la Capitale en fait la révélation de la soirée.

Dans le cadre de l’édition 2006 du Festival Juste pour Rire, Alex anime « CKOI ton show », une série de spectacles extérieurs diffusés en direct sur les ondes de la station montréalaise; une première pour Juste pour Rire. Il assure aussi l’animation de « La mode en Vedette » à Musimax, une émission sur la mode et le design. Il y sera pendant deux saisons.

Au cours des mois qui suivent, Alex multiplie les collaborations à la télévision. Chroniqueur à « La Fosse aux lionnes » et à « Pour le plaisir » à la SRC, il est aussi vu dans la série « Les Boys » et, en fin d’année, au spécial « Les Oups 2007 » de Musimax.

Alex a accepté de prendre quelques minutes de son précieux temps afin de s’entretenir avec nous. Nous vous livrons le résultat de cette rencontre remplie de toute la spontanéité que nous lui connaissons. 

 

1 - Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans l’aventure d’un one man show ? 

Après quelques années à faire de la télé comme animateur, chroniqueur et j’en passe ! J’avais envie de me remettre en danger, d’aller ou je n’étais pas encore allé. Et le contact direct avec le public me manquait. Une foule qui rit dans une salle, c’est magique ! Ça te rentre dedans comme un coup de 2x4… mais le fun !! Je voulais savoir aussi si j’étais capable de la faire sans mes deux ex des Mecs Comiques. J’ai envie de savoir ce que je vaux tout seul sur scène ! C’est un défi hyper tripant mais aussi épeurant !!! 

2 - Peux-tu nous parler un peu de ton spectacle ? 

Mon but premier c’est d’avoir du fun avec le public, pour moi, un show d’humour c’est l’interaction avec le public ! Pour mon premier spectacle, j’avais envie de parler aux gens. Leur raconter un peu qui je suis. La question qui revient souvent, c’est est-ce que ça va parler juste d’homosexualité ? Non, parce que je ne suis pas juste un gai. Il y a plein de sujets qui touchent tout le monde. Mais c’est certain que j’en parle parce que c’est ce que je suis. Quand je parle de mon quotidien, je parle de celui avec mon chum. Il y aura aussi des personnages. On va potiner sur un temps rare, car qui n’aime pas potiner !!!! Et pourquoi pas un peu de musique ! Une chose est certaine, on va avoir du gros fun sale !!!

3 - En tant que figure publique considères-tu être de ton devoir de faire avancer la cause des gays et lesbiennes ? 

Je n’ai jamais vu ça comme un devoir, ça sonne obligation. Je le fais parce que ça me tient à cœur. Et comme il y a peu de personnalités publiques qui s’affichent, je pense que ceux qui le font, sont inévitablement appelé à défendre la cause sur la place public et c’est correct !! Je reçois énormément de témoignages de jeunes qui me disent que j’ai été pour eux une espèce d’image positive de leur différence. Que j’étais une preuve qu’on pouvait vivre et être heureux en étant gai. Ça me touche toujours beaucoup ! J’ai vraiment pas la prétention de vouloir être un exemple, loin de là, mais si ça peut aider quelques personnes à s’accepter tant mieux !!!  Je respecte les gens qui ne font pas peur coming-out, c’est un choix personnel. Mais en même temps, quand on ne le fait pas, ça me donne l’impression d’avoir honte de ce que l’on est. Comme si on cautionnait ceux qui disent qu’on devrait se cacher. Et ça m’emmerde !!  Et on ne devrait JAMAIS avoir honte ! Un personne homosexuelle peut tout faire dans la vie au même titre qu’un hétéro, y’a pas de différence. La seule qui nous différencie fondamentalement, c’est notre sexualité.  

4 - Crois-tu que socialement nous avançons vers une société plus tolérante ? 

Je pense qu’on a fait d’immense pas ! Il y a de plus en plus d’ouverture mais y’a encore beaucoup à faire ! Mais chaque petite victoire mène vers la tolérance. Mais on a quand même la chance de vivre dans un pays ou on est très bien respecté ! Y’a beaucoup d’endroit dans le monde ou c’est loin d’être le cas ! Il faut apprécié ce qu’on a, tout en continuant à faire avancer les choses !

5 - Tu as mené une carrière en théâtre, à la radio, à la télévision, comme humoriste, chroniqueur et dans plusieurs autres sphères d’activité. Quel aspect n’as-tu pas encore touché et qui susciterait ton intérêt ? 

J’ai eu pendant plus d’un an une chronique dans La Presse et j’aimais beaucoup ça. J’aimerais avoir de nouveau de faire ce genre de chose. Je pouvais cracher mon venin à une fois par semaine !! C’est tellement libérateur !! J’aimerais beaucoup faire du cinéma ! J’en ai jamais fait. C’est quelque chose qui me tente beaucoup !

6 - Étais-tu le sujet de raillerie quand tu étais aux études ? 

Oui, mais je m’en foutais ! Au lieu de me replier sur moi-même, je suis devenu extravertie. Je ne voulais pas être une victime, je n’aime pas ce rôle ! Alors au lieu de me cacher, je prenais les devants, je faisais du théâtre, de l’impro, j’étais président du conseil étudiant, du bal des finissant et j’en passe ! Et on dirait comme je fonçais dans le tas et que je n’avais pas peur de répondre aux imbécillités qu’on me balançait, les choses se sont atténués…

7 - Est-ce que le fait de te savoir différent t’a amené sans t’en rendre compte à apprendre à rire de toi ? 

Oh que oui ! Je pense que l’autodérision est une des meilleures armes qu’on peut avoir dans la vie ! Quand on rit de soi, les autres ne peuvent plus nous atteindre ou nous blesser. Ils perdent ce pouvoir. Et quand on rit de soi, les drames de la vie passent mieux. On voit les choses d’une autre perspective ! Et si on se donne le droit de rire des autres, il faut avoir l’ouverture qu’on le fasse sur notre compte aussi, sinon ça ne peut pas marcher ! Faut que ça aille dans les deux sens. J’ai d’ailleurs beaucoup de difficulté avec les gens qui sont susceptibles. Rire de soi, ça tue personne, au contraire, ça rend plus fort ! 

8 - Pourquoi as-tu choisi de faire ton entrée dans le monde artistique en t'affichant en grosse lettre comme homosexuel... t'étant fait connaître comme « le fif » du trio les mecs comiques ?

Je pouvais pas faire autrement, je voulais être honnête ! Je ne me voyais pas faire des numéros ou j’aurais parlé de ma blonde ! Je n’aurais tellement pas été crédible. Ça s’est fait naturellement ! Et en étant en groupe avec deux hétéros, ça faisait un bel équilibre. On a été la preuve vivante pendant 10 ans que les relations entre gais et hétéros males, ça se peut très bien !! Je suis fier de cette image qu’on a projetée ! 

9 – Est-il plus difficile de percer en s’affichant ouvertement gay ou si au contraire, le fait de s'afficher n’aurait pas plutôt un effet positif parce qu'on sait que tu attires beaucoup l'attention ? 

Je pense que c’est difficile de percer tout court !!! La question, c’est plus de trouver sa couleur, sa propre carte de visite, ce qui fait que les gens vont avoir envie de nous entendre et de nous voir. Si on regarde, Cathy Gauthier, Martin Matte, Louis-Josée Houde, Jean-François Mercier, Lise Dion, pour ne nommer que ceux-là, chacun a sa couleur, sa carte de visite qui fait de lui qu’on reconnaît son style. Moi ma carte, c’est mon homosexualité !

10 - Selon toi les bisexuels livrent-ils actuellement le même combat que les gays et lesbiennes ont eu à mener avant eux ?  

Je pense que oui. Mais je crois aussi que le combat sera peut-être plus difficile parce que les hétéros s’interrogent sur eux et les gais aussi. On ne sait pas encore trop sur quel pied danser avec les Bisexuels. Y’en a qui le sont vraiment, d’autres qui sont des gais inavoués, d’autres qui sont plus dans le fantasme sexuel d’un soir, ça brouille beaucoup les pistes !!! Mais ils ont leur place, au même titre que n’importe qui !!  

Pour ceux qui désirent en savoir un peu plus sur Alex, sa carrière, ses projets, ses spectacles, vous pouvez aller sur son site web officiel en cliquant ICI.

 

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Une grosse machine comme Google ne peut pas se permettre ça! On dirait que quelqu'un s'est amusé à quelque part en se trouvant ben comique!
Si on s'en tient au Canada, je n'ai ressenti aucune pression sociale, ni aucun litige qui prenait racine dans une autre religion que celle de l'Islam....
C'est complètement idiot, plus on refroidit le corps artificiellement, plus on a chaud, alors que le corps a son propre système: la transpiration qui ...

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