Maxime Collins : Peut-être jamais

Maxime Collins est un auteur québécois qui a fait paraître le roman «Peut-être jamais» en mars 2014 aux Éditions de l’Interdit. Maxime a terminé une maîtrise en création littéraire à l'Université Mc Gill. Il raconte sa vie sur son blogue depuis 1998. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à s’adonner à cet exercice. 

En 2002 il publia le roman «Pile ou Face» aux éditions Le Manuscrit en 2002. Un deuxième roman intitulé «Trois Saisons dans le désordre» a suivi en 2004.
 
En 2005 Maxime Collins part pour Aix en Provence dans le sud de la France pour y poursuivre ses études en littérature. 
 
Maxime Collins a aussi publié quelques nouvelles, dont: «Chercher sa vie ailleurs» (2005, revue Lapsus) et l’exercice de style «Le Départ des Eaux» (2007, revue Lapsus)
En 2010, l’auteur publie le roman «Comme si de rien n’était» chez Transit éditeur. 

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Quels sont les thématiques de votre nouveau roman?

Peut-être jamais se veut une autofiction sur le parcours d’un jeune homme qui cherche ses repères dans toutes les sphères de sa vie, mais surtout par rapport à son ambivalence sexuelle. On suit le personnage de Gabriel dans ses découvertes, ses expériences, ses essais-erreurs et ses relations intimes. Le roman aborde les thèmes de l’amour à trois, des triangles amoureux, de la bisexualité, mais surtout de cette forme de domination et de soumission qui peut survenir avec le temps dans certains couples. C’est un roman qui commence légèrement et naïvement pour se développer dans une noirceur et une oppression suite aux mauvais choix de Gabriel. En tant qu’auteur, je me suis beaucoup intéressé aux relations toxiques et à ce que l’on considère, souvent incorrectement, comme de l’amour-passion.
 

Votre source d'inspiration est-elle liée à votre expérience ?

Effectivement, pour avoir décidé d’écrire sur un sujet aussi précis, je ne peux mentir sur certaines similitudes entre le personnage de Gabriel et ce que j’ai vécu dans ma propre vie. Je suis de l’école de ceux qui croient qu’un écrivain est plus juste s’il s’inspire directement de ses expériences. C’est donc ce que j’ai fait pour ce roman. Il s’agit un peu du livre qui boucle la boucle de ma période autofictionnelle, car avec ces derniers écrits, j’ai l’impression d’avoir dit ce que j’avais à dire au niveau des questionnements liés à la sexualité. Tout comme le personnage de Gabriel, je suis passé de l’hétérosexualité, à la bisexualité et je suis maintenant homosexuel. Je ne regrette en rien mon cheminement, car il est personnel, et c’est lui qui fait en sorte que je suis l’homme que je suis aujourd’hui. 
 

Certaines scènes de Peut-être jamais sont assez crues, sexuellement parlant. Ce roman a-t-il été plus difficile à écrire puisque vos puisiez dans vos propres souvenirs?

Pour moi, l’écriture est toujours un acte plutôt ardu. Il est donc évident que de me servir de scènes réelles a amplifié le niveau de difficulté lors de ma séance de création. Pour preuve, il m’aura fallu près de 5 ans pour terminer le projet. Ce ne sont pas nécessairement les scènes sexuelles qui ont été les plus difficiles à écrire; c’est surtout le fait de me replonger dans ses émotions négatives et des périodes plus sombres… j’ai dû revisiter des choses que j’aurais voulu enfouir pour de bon. Mais, au final, l’exercice m’a été bénéfique, car j’ai pu faire une nouvelle analyse sur mon passé, en m’expliquant mieux certains gestes ou comportements du personnage. Écrire est toujours très thérapeutique, mais dans ce cas-ci, ce fut presque un programme complet chez le psychologue!
 

Vos romans sont toujours très cinématographiques. Êtes-vous parfois tenté de les transposer au cinéma?

Oui, ce serait un bel accomplissement. Je dois dire que les réactions pour Peut-être jamais vont dans ce sens. Je l’ai surtout remarqué lorsque nous avons tourné la bande-annonce pour la sortie du roman. Encore aujourd’hui, plusieurs personnes me demandent quand le film sera projeté en salle. 

Nous travaillons présentement sur la version anglaise du roman, et nous verrons bientôt s’il y a matière à suggérer le manuscrit à un réalisateur anglophone ou francophone. Je serais prêt à travailler sur un scénario, mais comme je ne connais pas assez le domaine du cinéma, je préfère m’entourer de personnes plus compétentes qui croiront au projet et sauront l’orienter pour faire honneur au récit. 
Je ne m’en cache pas, travailler pour le cinéma est quelque chose qui m’attire beaucoup. Nous verrons bien ce que l’avenir me réserve de ce côté!
 

Vous êtes l’un des plus anciens blogueurs sur la toile. Croyez-vous à la mort annoncée du blogue?

Je dois relativiser la question. Je crois qu’avec les joueurs que sont Facebook et Twitter, les blogues dits «intimes» ou «personnels» ont moins leur raison d’être. Je m’explique; quand j’ai commencé à bloguer sur le Web, j’étais dans un désert de textes universitaires. La notion d’anonymat existait encore et l’on pouvait se permettre d’écrire notre vie dans les moindres détails, sans se soucier des conséquences. 

Aujourd’hui, tout le monde projette sa vie intime sur les réseaux sociaux, et je ne crois plus que l’intérêt est assez fort pour qu’un blogue sur la vie personnelle de quelqu’un ressorte du lot. Il y a trop d’offres, trop de sites, trop de pages et de fausses pages aussi. 

Je pense que les blogues qui s’intéressent à l’actualité ou aux questions sociales ont encore leur place et ils sont d’ailleurs beaucoup plus populaires qu’à l’époque. À présent, avec le niveau d’anonymat inexistant, il n’est plus très gratifiant d’écrire sa vie intime et sexuelle sur le web. Je ne veux plus nécessairement qu’on me parle de mes histoires personnelles au travail ou dans mon cercle familial. Je suis donc devenu beaucoup plus prude sur la toile, et donc sur mon propre blogue. Disons que j’ai gardé le meilleur pour mes romans!

 
Vous pouvez visitez le blogue de Maxime Collins au www.pile-ou-face.net ou le site du roman Peut-être jamais au www.peut-etre-jamais.com !
 
Mots clés Maxime Collins
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rizzomarcus
Bonsoir,<br />vous avez fort bien résumé la situation dans laquelle je me trouve.<br />je NOUS félicite de penser comme cela car c'est bie...
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