Isabelle Blais

Isabelle Blais est originaire de Trois-Rivières. Elle est l'aînée d'une famille de trois enfants et est elle-même mère d'un garçon depuis peu. Actrice de réputation internationale elle est également la chanteuse du groupe rock Caïman Fu. 

Très tôt Isabelle Blais s’est découvert un goût pour le théâtre. Adolescente, elle jouera le rôle de Cosette dans la pièce Les Misérables de Victor Hugo dans le cadre de la production de fin d'année du Collège Marie-de-l'incarnation.

C’est en théâtre qu’elle étudiera au Cégep de Trois-Rivières. En 1994, elle débute au Conservatoire d'art dramatique de Montréal où elle obtient son diplôme en 1997. Par la suite, elle se lance dans le théâtre.

En 1999 elle fait ses débuts à la télévision et participe aux séries «2 frères» et «Tribu.com». L’aventure du groupe rock Caïman Fu commence pour sa part en 2000. Le groupe compte maintenant trois albums à son actif.

Elle se fera remarquer pour son rôle  dans «Un crabe dans la tête» mais son départ en tant qu'actrice internationale commencera par un rôle dans le film américain «Confessions d'un homme dangereux», réalisé par le célèbre acteur/réalisateur George Clooney.

En 2003, elle obtient un Masque pour son rôle dans la pièce «Au coeur de la rose», un Prix Jutra comme meilleure actrice de soutien pour «Québec-Montréal» et une nomination pour le Prix Génie de la meilleure actrice pour «Moïse : L'affaire Roch Thériault». Elle part ensuite à Cannes pour la promotion de son dernier film «Les Invasions barbares» de Denys Arcand, qui sera récompensé plus tard durant l'année par le prix de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2003.

C’est en 2007 qu’elle obtient le rôle de Kiki dans le film «Borderline». Ce rôle lui vaudra d'ailleurs le Prix Jutra de la meilleure actrice en 2009.

En 2008, elle incarne Roxane, autre personnage au côté plus sombre, dans le film «La belle empoisonneuse». Elle fera un retour au théâtre dans la pièce «La petite pièce en haut de l'escalier» au Théâtre du Nouveau Monde. Elle ira en France avec son groupe rock durant l'été, revenant au Québec en automne pour le lancement et la promotion de leur troisième album «Drôle d'animal».

En janvier 2009 elle donnait naissance à un petit garçon.

Isabelle Blais a gentiment accepté de venir discuter avec nous et c’est avec plaisir que nous vous présentons le fruit de cet entretien.

Entrevue avec Isabelle Blais


Vous êtes une actrice qui s’impose depuis déjà un moment dans le milieu artistique québécois tant au niveau du cinéma, de la télévision ou du théâtre. Vous faites aussi une carrière de chanteuse avec Caïman Fu. Y a–t-il un autre domaine que vous aimeriez toucher ?

Peut-être un jour tenter l'écriture mais sous une autre forme que la chanson. Toucher à la réalisation m'intéresserait aussi. Mais pour le moment je suis choyée, j'ai des défis à relever et j'ai encore du plaisir à faire toujours mieux!


Comment l’aventure Caïman Fu a-t-elle débutée et quelle importance prend-elle dans votre carrière ?

Ça fait maintenant 9 ans qu'on est ensemble. Je connais les 2 guitaristes Nicolas Grimard et Yves Manseau depuis plus de 15 ans. On est de Trois-Rivières. On avait formé un band durant le cégep. Puis on s'est perdu de vue quand j'ai déménagé à Montréal pour aller au conservatoire. Entre-temps Igor Bartula, le bassiste de Bosnie, s'est ramassé à Trois-Rivières et a formé un autre groupe avec les gars. Ils ont tous migré vers la grande ville et on s'est retrouvé quelques années plus tard pour partir Caïman Fu qui compte aussi un 5eme membre; le drummer Mathieu Massicotte.

Caïman fu c'est mon bébé de création. C'est un lieu d'exploration et de partage. Je chante depuis que je suis toute petite et le groupe est une école où je continue d'apprendre et de prendre des risques. L'écriture de chansons en français est un défi surtout pour faire sonner les mots sur du rock. J'adore faire de la scène, je sors de ma coquille et devient une autre personne...peut-être celle que je suis vraiment. C'est théâtral mais le personnage c'est moi dans des atmosphères et des émotions différentes. On a une bonne chimie ensemble et on poursuit l'aventure avec notre 3eme album, drôle d'animal sortie récemment.

Quel impact aura l’arrivée de votre petit garçon sur votre vie professionnelle selon vous ?

Je ne sais pas trop...C'est certain qu'une certaine urgence de vivre se fait sentir. L'envie aussi d'accomplir plus que jamais des projets sans perdre de temps avec des détails ou des personnes qui me détourneraient de l'essentiel.

La complexité du personnage a-t-elle une influence sur le choix de vos rôles ?

Oui. En fait un personnage m'attire quand il me permet d'explorer, me dépasser,  ou encore de m'amuser tout simplement. Je recherche des expériences nouvelles à chaque fois. Je recherche des défis, de la matière à jouer. La grosseur du rôle n'a pas vraiment d'importance.

Y a-t-il des rôles que vous refuseriez de jouer sans même lire le scénario ?

Parfois on n’a pas accès au scénario alors oui ça arrive! J'essaie de l'obtenir pour pouvoir avoir une meilleure idée de l'histoire et du personnage. Mais quand ce n'est pas possible alors je me fie aux scènes que j'ai, au synopsis. Parfois c'est évident que ce n'est pas fait pour moi, d'autre fois je me fis à mon instinct.

Accepteriez-vous de jouer le rôle d’un personnage contreversé au risque que votre geste soit perçu comme un adhésion morale ?

Tout dépend du scénario et du personnage. Si c'est un bon scénario et un personnage qui offre une belle occasion de jeu, bien sûr. Un bon scénario est un bon scénario. Il ya aussi la réalisation qui est très importante. Mais quand l'équipe en place est de calibre, ça fera un bon film! Alors la morale... il ne faut pas perdre de vue que c'est de la fiction et puis brasser des idées c'est toujours bon.

Quel rôle avez-vous trouvé le plus difficile à jouer et pourquoi ?

Kiki dans Borderline. Pour plusieurs raisons. D'abord la charge de travail était importante et le film reposait beaucoup sur mes épaules. L'abandon physique et psychique que ça demandait. La charge émotive du film; les sujets intenses comme la folie, la dépendance et la peur de l'intimité. Et aussi le fait que je voulais rendre justice à l'auteure.

Avec qui avez-vous le plus aimé jouer ? Y a-t-il un acteur ou une actrice avec lequel (laquelle) vous aimeriez échanger des répliques ?

J'ai travaillé avec tant de super acteurs/actrices! Si je vais au plus récent disons que mon chum dans C.A. Alexandre Goyette est bien l'fun. Travailler avec lui a été super, il est très généreux et talentueux. Sinon j'aurais bien aimé échanger des répliques avec des acteurs comme Laurence Olivier, Peter Seller ou Betty Davis.!

Roxane dans « La belle empoisonneuse » était un personnage troublé, comment vous y êtes vous pris pour arriver à la faire vivre ?

Je me suis concentré sur le secret qu'elle garde bien enfoui au fond d'elle. Donc j'ai tenté de dégager un certain mystère et une énergie plutôt négative. Une certaine désillusion dans le regard. Le reste c'est le scénario et la réalisation qui fait le travail.

La meilleure amie de Kiki dans « Borderline » était lesbienne. Quelle est votre position personnelle à l’égard de l’homosexualité ou de la bisexualité ?  

Pour moi l'orientation sexuelle n'a aucune espèce d'importance. Honnêtement, je ne peux pas plus m'en ficher! Ça n'a rien avoir avec les qualités, les défauts ou les valeurs d'un être humain. J'ai même de la difficulté à comprendre comment des gens accordent de l'importance à ça. Je comprends que lorsqu'on est victime de discrimination, il faut briser le silence et se battre pour se faire respecter mais autrement si ce n'était que de moi, je n'en parlerais jamais. Quand je rencontre quelqu'un je ne veux pas savoir ce qui se passe dans son lit. Je pense que chacun devrait vivre son intimité comme bon lui semble.

(Photo Martin Sansfacon)
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J'ai pas compris ce qu'il demande aux gens ! ?
J'aime bien la tournure que prend la fin de tin blogue avec la citation inspirée sur Harry Potter. Bel article!
Merci !!! Je viens de comprendre avec des mots pourquoi une de mes amies gay disait de moi que j'étais un ''lesbien''. Le problème c'est que cela devi...

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