La première personne

Mon premier texte, tout n,es pas réglé dans ma tête alors il y en auras surement d'autre.

Quand j'écris je pleure moins....

Vos commentaires et témoignages sont les bienvenus!

La Première Personne

 

 

J'ai caché pendant presque 25 ans, à tout mon entourage, ma bisexualité. Je ne sais pas encore si c'est parce que je ne l'assumais pas ou par peur du jugement des autres, plus j'avançais dans la vie, moins je me convaincais d'en parler. Je repoussais ça de mes pensées, de plus en plus confiant, de plus en plus fort. J'en étais même venu à me dire que c'était terminé, que j'étais devenu, comme par magie, un gars hétéro à 100%!! Ben non.....c'est revenu de plein fouet et ça a vraiment pris le contrôle sur mes pensées, je vous raconte ça si ça vous dit.

 

La première personne à qui j'ai dit que j'étais bisexuel.. c'est ma blonde.

On sortait ensemble depuis environ 13 ans, j'étais en amour par dessus la tête avec elle, on s'est loué un chalet dans le bois. Un chalet d'amoureux, on a fais un feu, de la bouffe, on a bu, on a baisé, fin de semaine de rêve quoi.

 

Le 2e soir, j'me disais: '' C'est là que tu lui dis, sois plus fort que ça, accepte toi et elle va t'accepter aussi'' Et c'est effectivement ce qui arriva. Je lui ai tout dit, que je me considérais bisexuel depuis toujours, que j'avais déjà couché avec des gars avant elle, que j'aimais autant les filles que les gars.

 

Elle m'a pris dans ses bras en me disant que j'étais l'homme de sa vie et qu'elle m'aimait peu importe mon orientation. Une femme parfaite finalement! J'en ai été sous le choc tellement je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi doux et paisible, ça confirmait que c'était la femme de ma vie. Wow!

 

Les années on passées, on était bien dans notre maison, dans notre vie. Puis, peu à peu les envies de fréquenter des gars devenait plus régulières, plus présentes, plus intenses. Je les repoussais immédiatement du revers de la main. Pas question pour moi de scrapper toutes ces belles années d'amour sincère avec elle voyons! Impensable et innaceptable!

 

Et plus je les repoussait, plus elles revenaient, toujours de plus en plus fortes. Je me suis mis à avoir peur, à me remettre en question, à faire de l'insomnie, à pleurer régulièrement seul, à boire plus pour buzzer ces pensées bizarres qui m'habitaient. Rien à faire, ça continuait, de plus en plus régulièrement, et ce pendant des semaines.

 

J'ai alors commencé à aller me promener à Montréal, conduire ou marcher dans les rues que je ne connais pas, sans savoir dans quelle direction je m'en vais. Ou flâner dans les magasins, regarder les gens à l'aéroport, pleurer dans des parkings de centre d'achats. Ça me faisait le plus grand bien d'être seul, de me remettre en question, de pleurer tant que je le voulais sans avoir de compte à rendre à personne d'autre que moi.

 

J'y suis donc retournée 2 et 3 et 4 fois sans que personne ne le sache. Jusqu'au jour où ma blonde a eu à revenir à la maison tout de suite après être partie pour le boulot parce qu'elle avait oublié quelque chose d'important. J'étais déjà parti pour mon flânage hebdomadaire...

 

Alors elle m'as appelé sur mon cell. J'ai paniqué, j'ai répondu, j'ai dit nerveusement que j'allais me magasiner quelque chose, j'ai tout fait fouarer finalement. J'étais nerveux même si j'avais rien à me reprocher... et j'ai senti qu'elle l'a sentie. Merde... je me sens pas bien du tout... et là ça part.

 

Je me suis senti tellement mal qu'elle ai des doutes que toute la journée je me suis convaincu qu'il fallait qu'elle sache à propos de mes envies qui me hantait depuis quelques semaines. Le soir quand elle est revenue à la maison, on a jasé et elle m'a demandée si j'avais passé une belle journée. J'ai éclaté sur le champ et je lui ai dit que je ressentais de plus en plus le besoin de voir des gars. J'étais en crise la plus totale, après des semaine à me cacher pour pleurer, la valve était ouverte... je pleurais ma vie comme j'ai rarement pleuré.

 

Et elle de me regarder avec ces jolis yeux et de me dire: '' Mon amour si tu a besoin d'aller voir ailleurs, vas y. Moi je t'aime et je veux que tu sois heureux''

 

O_o

 

Flabergasté tu dis?!? J'en revenais pas, quelle femme parfaite pour moi! Elle prends ça avec un grain de sel et m'encourage à vivre ce que j'ai à vivre...re-wow!

 

Mais y'a un mais....après quelques jours de discussions (Parce que évidemment qu'on en parlait tous les soirs.. TOUS les soirs!) Elle s'est mise à avoir plus de questions, auxquelles je répondait avec sincérité à chaque fois. Mais on dirait que chaque question attirait une crainte. Elle s'est mise à réfléchir plus sérieusement à tout ça.

 

Et quand tu va couché avec un gars tu va me le dire?

Est-ce que ton désir envers moi va diminuer?

Est-ce que c'est de ma faute? Je suis pas assez belle ou désirable??

Est-ce que tu va tomber en amour avec un gars?

Et j'en passe, et j'en passe...

 

Toutes ces questions étaient normales et légitimes. Toutes ces craintes aussi. Plus on en parlait, plus elle devenait émotive et craintive. On était beaux à voir j'vous dit. Pleurer à tous les soirs, toutes les nuits, s'endormir en pleurant, se réveiller en pleurant... c'est pas vivable très longtemps.

 

Et la question ultime est arrivée, un soir comme ça naturellement : As-tu déjà coucher avec un gars pendant qu'on était ensemble? Tout de suite je réponds: ''Non...'' elle me regarde.. : ''Non?'' je la regarde maladroitement et redit: ''Non.. tu me crois pas?'' elle me réponds: Oui oui''

Mais non... elle me croyais pas.

 

Alors quelques jours plus tard je la retrouve en rentrant de travailler et elle est pas bien, elle pleure en me disant qu'elle me crois pas, qu'elle a vu quelque chose dans mes yeux ce soir là, et je fini par lui avouer le pire, oui j'ai couché avec un gars à nos débuts.... ouch!

 

Et c'est reparti, elle est en crise et en crisse et je me sens comme la pire marde de l'humanité. Elle a raison, je lui ai menti.. mais c'était TELLEMENT difficile à dire que sur le coup j'avais été pris de court, incapable de lui dire. Je regrettais tout! De lui avoir dit que j'étais bi, de lui avoir dit que j'avais besoin de voir des gars... TOUT! En plus, non seulement je lui pitch tout ça mais je lui mens!!! God, quelle merde je suis.... Les remords me serre comme un python sur sa proie, j'ai mal au cœur, mal à l'âme.

 

Alors je suis retourné errer dans Montréal, ça me faisait tellement de bien. Ce jour là j'avais prévu voir un ami en fin de journée pour l'apéro. Et j'ai eu le même feeling que la journée où je l'ai dit à ma blonde... je pense que j'ai besoin de le dire à quelqu'un d'autre, qui n'est pas ma blonde.

 

Comme de fait, le soir même j'ai craqué, j'ai tout dit à mon ami qui m'a accueuilli comme j'étais, lui aussi. Et qui m'a été de si bons conseils. Par contre, pendant ce temps là, ma blonde épiait mon ordinateur et voyait que j'avais un compte skype, voyais une adresse que j'avais vérifié sur google maps le matin même dans Montréal et, bien évidemment, se faisait des scénarios pas possible.

 

Un moment donné dans la soirée, je vais pisser et je vois 6-7 textos d'elle en panique la plus totale, qui me dit de me lui dire que j'ai vu quelqu'un, me dit que je ne lui réponds pas donc ça veut tout dire et ainsi de suite.

 

J'ai fini par la rejoindre et comprendre qu'elle s'était fait des histoires et qu'elle les croyais dur comme fer. Ce soir là quand on s'est rejoint à la maison, j'ai tenté de lui expliquer que je n'avais juste pas été capable de lui dire sur le coup, que c'était un mensonge oui, mais un mensonge de peur. Peur de lui faire encore plus mal, peur qu'elle me quitte, peur de ne jamais la revoir. Le genre de mensonge que tu fais malgré toi, pas pour faire du mal mais pour essayer de faire du bien. Ce qu'on sait pas ça fait pas mal! Après explications, ça a passé mais elle avait clairement besoin de parler à quelqu'un elle aussi. Je n'étais pas la personne idéale pour l'aider là dedans, je suis le problème, je ne peux pas être la solution.

 

Alors le même ami, qui connais très bien ma blonde aussi, l'a vu le lendemain seul à seul, je pense qu'il l'a aussi bien conseillé qu'il a fait avec moi, sinon plus. Elle est revenue plus heureuse, plus confiante.

 

Mais ça n'a pas tout réglé. La semaine suivante elle re-''stalkait'' mon ordi et se recréait des histoires pas possibles. J'en ai eu assez. Assez de me sentir comme une merde 24 hres sur 24, assez de la voir périr dans une tornade d'idées noires, assez de ne plus dormir, assez de la voir souffrir par ma faute.

 

Alors j'ai tout dit ce que je pensais sincèrement. Que j'ai menti oui, mais elle aussi m'avait mentie quand elle m'as dit qu'elle voudrais des enfants un jour en sachant très bien que ce n'étais pas vrai, qu'elle disait ça pour ne pas me blesser sachant que moi j'en voulais. Qu'elle m'avais aussi menti en me disant que n'irait plus voir mon historique sur mon ordi, et elle l'a refait Que je n'en pouvais plus de la voir comme ça et de me sentir comme ça. Fallait que je sache, fallait prendre une décision. Côté mensonge je pense qu'on avais fait chacun des gaffes et qu'on devait regarder vers l'avant, sinon c'était le début de la fin...

 

Si elle ne pouvais pas accepter notre nouvelle situation, faudrait p-ê penser à vivre chacun de notre côté. Ce n'étais tellement pas mon souhait, mais mon corps et ma tête n'en pouvais plus de toutes ces émotions. Alors on a décidé d'évoluer en tant que couple à travers cette situation, ma foi, vraiment weird!

 

Depuis on essaie de se refaire une vie paisible, oui je vais voir des gars à l'occasion et elle le sais. Oui ça doit lui faire quelque chose mais elle décide de rester quand même, je ne la mérite tellement pas. Mais on va faire ça dans les règles de l'art, je me ferai petit et discret, elle se fera grande et confiante, tout va bien aller. C'est mon souhait le plus cher.

 

Plus ça va, plus je suis convaincu que je vais finir mes jours avec ma belle blonde, oui j'irai voir des gars... je lui ai donner la permission à elle aussi question d'être équitable, ça me fais vraiment peur et mal quand j'y pense parce que y'a la notion de comparaison, moi en couchant avec des gars je ne la comparerai jamais. Mais elle doit vivre la même chose en dedans d'elle alors je me dit que c'est la moindre des choses.

 

Je veux pas le savoir, elle veut pas le savoir... après presque 20 ans de vie commune, je pense qu'on est assez forts pour vivre comme ça et vivre heureux, différemment de ce que la société nous impose. Faire ce qui nous plait parce qu'on se plait.

 

Tout ça, c'était il y a trois semaines... je ne sais pas comment le corps produit les larmes mais je peux vous dire que il peut en produire pas mal! Mais ça va, ma blonde pleure presque plus, moi c'est encore difficile mais de moins en moins quand même.

 

Tout ce qu'il reste, c'est mes remords. De lui avoir caché toutes ces années le vrai moi, de ne pas avoir mis cartes sur table dès le début de notre relation, d'avoir fissuré sa confiance, de la sentir toujours sur ses gardes, ou de sentir le doute dans tout ce que je dit ou fait. Et tout ça est tout a fait normal selon moi, tous le monde réagirais pire que ça! C'est entièrement de ma faute et ça, c'est pesant à supporter. Je ne pense pas me pardonner un jour de lui faire subir tout ça pour la seule et unique raison que je suis bisexuel.

 

Je ne pense pas pouvoir oublier la douleur que je lui ai imposé en ne pensant qu'à moi, en ne pouvant plus garder mon secret à l'intérieur de moi, jusqu'à ma mort. Ça aurait été mon souhait le plus cher, mais mon corps et mon cerveau en ont décidés autrement. Je me trouve égoïste, j'ai peur. Moi qui mets toujours les autres avant moi, me voilà devenu égocentrique??!

 

Et de l'autre côté je suis tellement bien, soulagé, je peux être 100% moi même avec deux des personnes les plus importantes dans ma vie... c'est un nouveau sentiment que je découvre à l'aube de la quarantaine et je dois avouer que c'est plutôt incroyablement bon. Quel gâchis de ne pas m'avoir assumer avant! J'ai encore beaucoup de chemin à faire.

 

Et que la vie est bizarrement faite! La personne qui m'a fait m'accepter tel que je suis, c'est ma blonde. Celle à qui j'ai briser le cœur. Celle à qui j'ai caché, toutes ces années, qui j'étais vraiment, au fond de moi. Celle qui décide de me garder malgré tout, celle qui, depuis cette journée fatidique me répète sans cesse:

 

Je t'accepte, Je t'aime, Je reste.

 

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