Le gai de service

Je n’écoute pas beaucoup de séries télévisées. (Sauf si on considère la soirée du hockey comme une série télé…). Mais, à l’occasion, j’aime bien choir sur mon fauteuil et, je l’avoue, j’ai fini par prendre l’habitude de suivre quelques-unes de ces séries.
Les histoires sont souvent légères, les acteurs québécois ont du talent; bref, on arrive à faire passer une soirée en écoutant ça… Mais là, y’a une chose qui me frappe, et qui à vrai dire, me tombes un peu sur les nerfs. Est-ce que toutes ces télé-séries-là ont vraiment besoin d’avoir un gai de service? Est-ce que les auteurs de séries ont peur de se faire ramasser par la critique si au moins un de leurs personnages ne répond pas aux critères de race (au moins un noir ou un immigrant à tout le moins) ou d’orientation sexuelle (un bisexuel fera l’affaire, mais un gai, c’est l’idéal!)?  
 
Ok. Si on regarde Unité 9, qui se déroule sur toile de prison pour femmes, on s’attend à voir quelque, sinon une majorité, de lesbiennes derrière les barreaux. Cliché me direz-vous, mais probablement un brin réaliste. Jusque-là, ça me va.

Alors restons sur notre fauteuil puisque nous y sommes, et écoutons Mémoires Vives. Dans cette émission, Catherine Renaud incarne Flavie Hamelin-Berthier (merveilleusement bien), le rôle du gai de service de cette imposante distribution. « Dans le tas », fallait bien s’attendre à en avoir au moins un! Là où je décroche, c’est quand Laurie Berthier, maintenant retrouvée, nous fait la confidence qu’elle est perdue dans ses sentiments, et qu’elle ignore si elle préférerait être avec un homme ou avec une femme… C’était vraiment nécessaire ça? Une Laurie Berthier bisexuelle? Puisque le sujet n’a pas été repris dans les épisodes suivants, faut croire que non! 

Et ainsi de suite. Je ne les nommerai pas tous, on y passerait la journée! Bérangère, la policière lesbienne de «19-2». Sammy, l’ado gai de «30 vies». Martin brodeur, le médecin gai de « Les hauts et les bas de Sophie Paquin ». 

On pourrait croire que n’importe quel membre de la communauté LGBT serait content de voir poindre ces personnages dans son téléviseur, mais…. Eh bien non! Bien entendu, la présence de ces personnages aide la cause, en quelque sorte, de l’acceptation sociale. La plupart du temps, les auteurs ont pris soin de nous rendre ces gens-là sympathiques, pour qu’on se rende compte qu’ils sont tout aussi humains que les autres. Mais trop, c’est comme pas assez. Est-ce que c’est vraiment utile au succès de telle ou telle série de mettre en scène systématiquement un gai de service? 

Un jour, quelqu’un a demandé à J.K. Rowlings, auteure de la célèbre série de films Harry Potter, s’il y avait au moins un étudiant gai à Poudlard. Statistiquement parlant, au nombre d’étudiants à Poudlard, il devait bien y en avoir une poignée… Mais elle n’a pas jugé utile au succès de son film de le révéler. Sa réponse, via son compte twitter, fût clairement la meilleure qu’elle put trouver :

Si Harry Potter nous a bien enseigné une leçon, c’est que personne ne devrait vivre dans un placard.
Alors voilà. Si votre histoire est assez bonne, pas besoin de saupoudrer d’homosexualité, ou de diversité raciale, ou de… vous comprenez le principe
 

Liste des participants qui ont commenté cet article

Commentaires (1)

Ajouter votre commentaire

Écrire un commentaire en tant qu'invité

0
Vos commentaires sont soumis à la modération d'un administrateur.

Joignez-vous à notre communauté Profitez de tous les avantages d'être membre

Ce que j'aime de ce vidéo c'est sa nature subtile. D'une certaine façon l'histoire démontre l'évolution que la société a eu face à l'homosexualité. Et...
Mais que c'est vrai !! Bravo pour cette article, ROSATA !
On est classé par genre et couleur... Pansexuelle, demi-romantique, ...
Ca devient un peu ...

Connexion or S'inscrire