Le coming-out sans fin

J’ai fait mon coming-out en utilisant principalement les réseaux sociaux. Bien entendu, mes proches l’ont appris tout autrement, de ma bouche ou de celle de mon ex-conjoint, qui dans sa colère mêlée de tristesse à répandu la nouvelle en un temps record. Une fois cela fait, mes proches -  un peu moins proches – ont pour la plupart appris la nouvelle sur Facebook, ou de la bouche de quelqu’un qui l’avait vu sur Facebook!
Je pensais qu’en procédant ainsi, mon entourage apprendrait la nouvelle tous en même temps, et pourrait ingérer et digérer la nouvelle chacun à leur manière, à leur vitesse, sans que je doive nécessairement y faire face, sans avoir à gérer le « malaise » que ça occasionne forcément. 

Bon! C’est fait! Tout le monde le sait maintenant, me disais-je, pensant m’être débarrassée de cette « tâche » une fois pour toute.

La vie n’était pas du même avis que moi…

Les gens qui nous entourent changent, et on se doit sans cesse de leur rappeler qui on est. Rien ne me force à prendre goût à le répéter encore et encore, mais je dois quand même le faire. Le « besoin » de faire son coming-out, de s’afficher, ne cesse jamais… Même si on écrit un article sur le sujet. (J’ai compris, ce que j’écris aujourd’hui ne m’exemptera pas de ce fait dans le futur…).

Le jour où on arrête de s’afficher, on remet un pied dans le placard.

Bien sûr, certaines personnes le sauront toujours; mes parents, ma famille, mes bons amis…

Mais dès qu’on change de ville, de boulot, où qu’on rencontre un nouveau groupe de personnes, ton identité disparait si tu ne l’affiches pas. C’est donc facile de retourner aux vieilles habitudes et aux secrets, démolissant du même coup tous les efforts faits pour s’en sortir en premier lieu. 

Est-ce que le porte-voix est nécessaire à chaque fois? Oh que non! Il me suffit de parler anodinement de ma conjointe, ou encore de faire un commentaire sur une jolie fille. Surtout, si une nouvelle relation m’ouvre la porte en me posant directement la question, je ne contourne pas. Je suis qui je suis, pas besoin de faire de détour. Après tout, si elle me pose la question, c’est qu’elle est prête à entendre la réponse! 

S’afficher, c’est s’accepter soi-même. Alors que les  gens découvriront une nouvelle facette de votre petit vous-même, ils ne pourront pas nier que vous êtes toujours la personne incroyable qu’ils ont d’abord connue.
 
Si plus de gens peuvent accepter votre différence, ils deviendront potentiellement plus tolérant envers encore plus de gens différents. Petit à petit, ils feront de ce monde un monde meilleur. 

Mais il n’en reste pas moins que pour moi, comme pour les autres, le coming-out ne connaitra jamais de fin…
 
 
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Fanny
Touchant... Merci ! :-)
Svven
Hello... Pas faux...


Je m'y perds aussi entre hétéros hétéro flexible , bi, pansexuel. ...
Kate
The other, very often touched him and gave http://www.akademialfatih.com/members/creminob/ him joy, was the quiet increase of Eucharistic Adoration. A...

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